Les cinq questions que les analystes devraient se poser

Pourquoi tant de rapports échouent

La plupart des rapports sont créés correctement - les échecs réels sont des incompréhensions.

Personne ne les ouvre

Les rapports sont générés dans les délias prévus et envoyés par e-mail chaque semaine et supprimés sans avoir été lus.

Révisions sans fin

"Peux-tu me rajouter plus de colonnes?" Le besoin réel n'a jamais été défini.

Deux conclusions

Le même rapport est lu différemment par différents publics. Les échecs coûteux sont rarement des bugs.

Aucune décision

Des pages remplies de chiffres, mais personne ne sait quoi faire ensuite.

À quelle question métier ce rapport doit-il répondre ?

Pourquoi c'est important
Un rapport est une réponse. Si vous ne parvenez pas à formuler la question en une seule phrase, vous n'êtes pas prêt à le concevoir. Cette question définit le périmètre, l'horizon temporel et ce qui caractérise un travail « terminé ».

Exemple concret
« Un rapport mensuel des stocks » devient : « Quels produits risquent d'être en rupture de stock dans les 30 prochains jours ? » — soit un rapport d'exception d'une page, et non une liste de 40 pages.

Conseil clé : inscrivez la question métier en haut de votre cahier des charges. Si elle ne tient pas en une phrase, continuez à approfondir votre réflexion.

Qui utilisera ce rapport et quelles décisions seront prises ?


Pourquoi c'est important
Le public cible détermine tout : le niveau de détail, la fréquence, le format et même le vocabulaire. Un cadre dirigeant, un responsable des ventes et une équipe opérationnelle ont besoin de perspectives différentes sur les mêmes données.

Exemple concret
Un rapport sur les ventes par responsable, établi pour un distributeur, convient aux directeurs régionaux qui examinent les cumuls annuels.
S'il est restructuré au niveau des comptes clients et inclut les noms des commerciaux, ce même rapport devient un outil de travail pour l'équipe de terrain. Une source unique, mais deux rapports destinés à deux publics différents.

À retenir : identifiez les utilisateurs et la décision qu'ils devront prendre. Si vous ne parvenez pas à définir une décision précise, demandez-vous si ce rapport est réellement nécessaire.

Quelle action entreprendre suite aux résultats du rapport ?

Pourquoi c'est important
Les rapports servent à modifier les comportements : réapprovisionner les stocks, contacter un client, réallouer un budget, signaler un problème. Concevoir un rapport en partant de l'action permet de déterminer les éléments à mettre en avant.

Exemple concret
Un rapport sur l'ancienneté des créances listait toutes les factures. Repensé autour de l'action « contacter les clients dont le compte est impayé depuis plus de 60 jours », il affiche désormais cette liste en premier, triée par solde.

Le nombre d'appels de recouvrement a doublé.

Leçon à retenir
Posez-vous la question : « Quelle action le lecteur doit-il entreprendre à la réception de ce rapport ? » Concevez la mise en page de manière à ce que l'action soit évidente.

Comment le rapport pourrait-il être mal interprété ou mal compris ?


Pourquoi c'est important
Les lecteurs ont des idées préconçues que vous ne soupçonnez pas : exercices fiscaux ou années civiles, valeurs brutes ou nettes, inclusion ou non des rendements. Un rapport techniquement exact peut tout de même conduire à une conclusion erronée.

Exemple concret
Une comparaison des données depuis le début de l'année (YTD) indiquait une croissance de 4,5 %. Alors qu'un lecteur pensait qu'il s'agissait de l'année précédente dans son intégralité, le rapport comparait en réalité la période du 1er janvier au 10 février pour les deux années. Une simple mention dans l'en-tête a permis de lever toute ambiguïté.

À retenir : indiquez clairement les périodes, les définitions et les exclusions directement sur le rapport. Imaginez qu'il soit lu par un inconnu qui n'a personne à qui poser de questions.

Quelles données, métriques et dimensions sont réellement nécessaires ?


Pourquoi c'est important
Chaque colonne supplémentaire dilue l'impact des éléments essentiels. Les rapports les plus percutants ne contiennent que le strict nécessaire pour répondre à la question et orienter l'action — rien de plus.


Exemple concret
Une analyse de l'évolution d'une marque dans le temps ne requiert que trois éléments : la marque en ligne, le mois en colonne et une mesure de volume. Un simple tableau croisé suffit à fournir une réponse complète. Ajouter dix autres mesures n'améliorerait pas le rapport ; cela le rendrait simplement plus difficile à lire.

À retenir : pour chaque élément, posez-vous la question suivante : « Cela aide-t-il à répondre à la question ou à orienter l'action ? » Si la réponse est non, supprimez-le. Vous pourrez toujours l'ajouter ultérieurement.

Points clés


Meilleures questions --> meilleurs rapports


La qualité d’un rapport se joue avant même la rédaction de la première requête.

Les rapports servent à la prise de décision


Si aucune décision n’en dépend, le rapport est inutile.

La simplicité l’emporte sur la complexité.


La solution minimale répondant à la question vaut mieux que tout ce qui pourrait y répondre.

Les analystes sont des résolveurs de problèmes.

Votre valeur ne réside pas dans la création de ce qui est demandé, mais dans l’identification de ce qui est réellement nécessaire.

Posez cinq questions. Créez un seul rapport excellent.